C’est toujours avec énormément de plaisir que je (re)porte l’orpheline de Serge Lutens. Ce mélange d’encens et de patchouli porté par les muscs blancs est enchanteur. Tout en transparence, pas lourd -j’allais écrire en envahissant mais le parfum est bien présent- il accompagne joliment, sagement, un peu grave mais pas drama queen ou tragique non plus, comme son nom aurait pu le laisser penser.
L’idée m’est apparue évidente : ce parfum sera parfait pour relire Jane Eyre. Pas parce que l’héroïne aurait pu le porter, il n’a rien d’un parfum d’époque, en costume et j’aurais beaucoup de mal à imaginer l’institutrice parfumée, cela ne siérait point à sa modestie naturelle, pas plus qu’à sa condition tout aussi modeste, mais parce que son ambiance sombre, humide, sérieuse est suffisamment romantique que pour se fondre dans les pages du roman de Charlotte Bronte. Ça pourrait être l’odeur de Thornfield… (Voire celle de Lockwood.)
Suis-je le seul a parfois avoir des révélations/évidences qui établissent des rapports entre livres et parfums ? Est-ce parce que les deux occupent beaucoup de place dans ma vie chacun à leur façon ?




Tellement d'accord ! Et pareil pour la musique. En écoutant Chet Baker jouant Almost blue hier, je me disais qu'il collerait bien avec un parfum plein de mimosa...
RépondreSupprimerNous ne sommes pas fous, nous sommes poétiques...
SupprimerAssocier des parfums à une musique ou un livre est tout à fait le genre de choses que je fais!! Belette.
RépondreSupprimerJe me sens moins seul!
SupprimerAh… L’Orpheline.
RépondreSupprimerJe la porte depuis sa création.
Parmi tous les parfums que je possède et Dieu seul sait combien j’en ai elle fait partie de mon top cinq.
Je l’ai emportée récemment lors d’une retraite spirituelle dans une abbaye cistercienne du XIIᵉ siècle.
Un lieu hors du temps, fait de pierres, de silence et de prières.
Là, au milieu de l’encens, des chants des moines et de la fraîcheur des vieilles pierres, son sillage prenait une dimension presque mystique.
Un parfum méditatif, profond, qui invite à l’introspection…
comme un spectre dans le silence.
Selon moi, l'orpheline est un parfum qui se prête à bien des situations, le genre de parfum qu'on pourrait totalement envisager comme parfum unique, à la fois profond et facile à porter. Vraiment, je n'ai que des louanges à faire de cette senteur à laquelle on ne peut reprocher qu'une seule chose: ne pas être suffisamment mise en avant alors qu'elle mérite d'occuper le devant de la scène. Ce qui se prête mal à son caractère introverti, certes. Mais c'est nous qui sommes à blâmer de ne pas assez la mettre en avant, cette belle orpheline qui se prête mieux aux décors cisterciens qu'au palais baroques. Quoique... Rappeler le baroque à un peu de sobriété ne saurait lui faire de mal, non?
Supprimer