Avez-vous regardé the scandal sur Netflix ? Moi, oui. Sans conviction, je dois bien l’avouer mais avec curiosité. Avec pas mal d’indifférence par rapport à la polémique « il y a du sexe » ou à « les lèvres de l’actrice, pour incarner une héroïne de l’époque joseon, c’est pas possible ! » parce que, d’après moi, les dents blanches et parfaitement alignées de tous les acteurs non plus et qu’on s’en fout un peu en réalité quand on regarde une fiction… Mais le scénario transpose l’histoire des liaisons dangereuse de Choderlos de Laclos qui est un roman que j’adore. (Au point qu’il a résister à l’analyse au cours de littérature moderne et à une question d’examen.)
Je savoure sans vraiment me passionner le drama qui transpose l’histoire d’une façon relativement légère. Ji Chang-Wook est un libertin très séduisant, plus que le Valmont de Laclos qui confond un peu séduction et viol. Mais je me demande dans quel mesure mon appréciation de la chose dépend de ma culture qui m’a fait connaître et aimer le roman dont l’œuvre s’inspire, me fait anticiper certaines scènes en faisant naître un sourire devant la façon dont elles sont amenées, transposées, jouées. Et c’est là que j’en arrive à mon point parfum…
A quel point notre culture nous fait-elle apprécier ou non une création ? Je suis fort conscient que cela m’a rendu d’une certaine façon exigeant, certain diront snob, mais je le réfute, en me faisant dédaigner une partie des nouveautés parce que « déjà vue » ou jugée mal exécutées en comparaison de certains classiques qui ont façonnés mon goût ou au contraire m’emplissant d’indulgence pour d’autres qui évoquent, citent même brièvement des parfums déjà connus et aimés ? Cela n’a rien à voir avec l’âge, ou du moins, pas autant qu’on pourrait le penser. Des gens de mon âges semblent avoir découvert le monde de la parfumerie il y a une dizaine d’années, presqu’uniquement à travers le prisme de la niche parfois, d’autres, bien plus jeunes ont acquis une solide culture parce qu’ils se sont intéressés au passé.
Je conçois fort bien que l’on préfère la modernité, parfois plus hardie, et que celle-ci corresponde mieux à notre époque, à son mode de vie et à son goût mais je ne peux m’empêcher qu’il reste important de se former le goût, de s’éduquer, que cela aide à apprécier autrement ce qui nous est proposé. Cela permet aussi de relativiser l’urgence d’acquérir la dernière sortie en élargissant les possibilités de choix et de relativiser le marketing qui à la fois prétend que tout est nouveau et que « nous avons un héritage, une tradition, un savoir-faire » avec une mauvaise foi digne des plus malhonnêtes bateleur de foire.
Dans le même temps, je suis obligé de reconnaître que parfois, avoir quelques connaissances peut être une limite, quelque chose à vaincre, à oublier pour profiter pleinement d’un parfum. On tombe facilement amoureux d’une légende avant de se rendre compte qu’elle ne nous donne pas tant de plaisir, et c’est bien normal. Heureusement qu’on ne peut pas tout aimer puisqu’on ne peut de toute façon pas tout porter ! D’autre fois, on se refuse un parfum à cause d’un contexte, une légende, une connotation qui nous déplaît… Acquérir un savoir ne devrait jamais nous faire oublier d’oublier à priori et préjugés.
Après, j’avoue que je suis un monstre de snobisme bourré de préjugés et que quand je vois que quelqu’un ne connaît que la niche depuis 2015 et ne porte aucun classique, je considère que son avis ne m’intéresse pas. Ce n’est pas qu’il n’est pas valable et légitime, c’est que nous n’avons pas de références communes. Nous sentirons peut-être très bon tous les deux, dans le même parfum, éventuellement, mais je ne pense pas que nous ayons grand-chose à nous dire.


C'est l'éxcès, trop de livres, trop de parfums, trop de robes, trop de truc maison, de nouveaux lieux de plaisance.
RépondreSupprimerLes anciens parfums sentent la vieille, notamment mon 5, et les nouveaux me donnent l'envie de les jeter à la poubelle, à part 5 ou 6.
[Nyneve]
Ils disent qui sentent la vieille ;)
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