En le reportant, j’ai réalisé que Fidji fêtait ses 60 ans
cette année. Ce n’est pas le plus grand chef d’œuvre de la parfumerie, mais ce
parfum, fort bien fait à laisser beaucoup de souvenirs : il a été
tellement incontournable pendant plus de 20 ans… Le marketing, génial à ses
débuts : « la femme est une île » tout le monde s’en souvient, l’ai
laissé choir et la marque est agonisante. Plus personne ne se souvient des
parfums Guy Laroche en dehors de vieux souvenirs un peu poussiéreux de Fidji et
de (l’abominable) Drakkar Noir.
Avec sa belle note de bouquet à l’œillet, très solaire (inspiré de l'Air du Temps) et
ses notes vertes, Fidji était à l’aise en toutes circonstances, du bureau au Club
Med, et parfaitement adapté à son époque où on avait parfois plusieurs vies
mais toujours qu’un seul parfum. Tellement familier que je ne saurais le juger,
je regrette de ne plus sentir autour de moi son calme imperturbable et son
charme sage. J’espère qu’il survivra encore quelques décennies dans les rayons
des parfumeries, au ras du sol, là ou les amateurs de pépites savent qu’il faut
regarder parce qu’on y trouve les choses jolies et originales.
Fidji, Joséphine Catapano pour Guy Laroche, 1966.


Si on éduquait les jeunes nez ils iraient sentir ces merveilles vendues trois sous au ras du sol des parfumeries ou sur internet au lieu de se ruiner sur la dernière chose lancée à coup de millions ou pire, d'acheter des copies (internet en regorge). Ils auraient des parfums aussi niche que la niche qu'ils convoitent. Mais le côté mouton prend le dessus. Ils n'ont jamais été aussi libres de s'habiller comme ils veulent et pourtant le rue est affreusement uniforme: joggings en polyester noir et casquettes.
RépondreSupprimerJe suis évidemment d’accord mais… Le problème ne concerne pas que les jeunes, ils concerne aussi beaucoup ces gens mûrs qui soucieux de cacher leur âge se précipitent sur des nouveautés, des choses « à la mode » et tournent résolument le dos au classiques. Il reste qui pour éduquer les jeunes du coup? Leur faire sentir ce qu’est un classique, pas dans une parfumerie mais en le portant? Pas grand monde, j’en ai bien peur. Et les marques avec leur marketing pourri n’aident vraiment pas Elles laissent toutes tomber leurs classiques (à part Chanel pour son N°5 qu’elle modernise beaucoup mais qui est, Dieu merci, encore disponible dans de belles versions fidèles au N°5) et ne font plus que mettre en avant leurs nouveautés senties déjà 100 fois chez tous les concurrents… En résumé: ON N’EST PAS AIDÉS ! Et les jeunes ne sont vraiment pas éduqués mais ce n’est pas nécessairement de leur faute: il n’ y a plus personne pour leur parler des chefs d’œuvre du passé en dehors de quelques vieilles biques dans notre genre qui ne sont pas très audibles dans la cacophonie de l’époque…
SupprimerHélas c'est vrai. Et j'ai remarqué qu'on offre souvent aux hommes d'un certain âge le dernier machin ennuyeux ou infâme proposé par la vendeuse en parfumerie.
SupprimerLa pauvre vendeuse en parfumerie qui croit bien faire parce qu’elle n’a aucune culture en dehors de la formation donnée par les marques, bien trop de choses à retenir quand on songe au nombre de sorties sur une année et croit sincèrement être gentille et faire un bon geste pour ce vieux ringard en tentant de le mettre « à la mode » alors que le vieux ringard en Pour un Homme se sent insulté qu’on lui propose un horrible assemblage de bois ambrés comme quelque chose qui pourrait lui plaire. (Ça sent le vécu? Pas étonnant!)
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