moments (aoûts)

 


Il va de soi que je n’ai rien compris à ce qui lui arrivait et probablement que lui n’ont plus n’a rien compris au cycle des saisons mais toujours est-il que l’érable n’a jamais été aussi beau. Il a complètement oublié l’été pour mon plus grand bonheur et est passé du rouge printemps au rouge automne sans passer par la case vert et c’est un petit bonheur en soi. Il est vrai que depuis la fête de Marie les feuilles mortes commencent à joncher le sol, ce qui ne réjouis pas nécessairement le frileux en moi mais parsème mon quotidien de petits bonheurs un peu ridicules qui font tellement de bien…




J’ai fort peu lu, où plutôt lu fort lentement, ça m’était un peu difficile alors même qu’une entorse me maintenait dans l’immobilité, mai j’ai prolongé les vacances en restant au Pays Basque avec le Ramuntcho de Pierre Loti que j’ai beaucoup aimé avec ses envies d’ailleurs et qui, surtout, rendait si bien les atmosphères de là-bas notamment grâce aux odeurs que le climat doux et humide déploie avec plus de vigueur qu’il ne le fait ici. Et son

« quittant l’odeur des foins et des roses pour celle de l’encens et des grands lys coupés, passant de l’air tiède et vivant du dehors à ce froid lourd et sépulcral que les siècles amassent dans les vieux sanctuaires »

Raisonnait tout particulièrement, parfait écho de mon passage à des parfums d’encens, d’églises, semblant presque citer littéralement Relique d’Amour de la maison Oriza Legrand que j’ai recommencé à porter peu à peu.




Reste que le vrai marqueur de la saison que j’anticipe est la joie de retrouver les chypres gorgés de fruits murs dans toute leur splendeur capiteuse : Mitsouko de Guerlain et Femme de Rochas, absolument somptueux. Au point que j’ai presque honte de si peu les sortir du placard mais seraient-ils une telle joie s’ils étaient moins rares ? Pour être un peu honnête, le frileux en moi préfère de toute façon ne pas penser que l’été finira s’il n’est pas un peu mis au pied du mur par la nature.




Mais puisque je ne pouvais me voiler la face, j’ai commencé à faire une playlist de saison qui comporte plusieurs versions des feuilles mortes, chanson adorée, dont j’écoute en boucle cette année surtout la version de Grace Jones, chanteuse dont je suis fan depuis… toujours, plutôt que celle d’Eartha Kitt qui reste ma préférée de tous les temps.




Evidemment, j’ai passé une commande de thés chez mon fournisseur attitré, fidèle de plus en plus aux thés verts mais faisant provision de Pu-Erh obscur qui mêle parfums de tourbe, de moisi, de cave humide qui sur papier ne font pas nécessairement très envie mais ont un délice au palais, ainsi que d’infusion Route Mandarine, un accord fruité-épicé qui remplace avantageusement le trop vu, trop senti mélange orange-cannelle des thés de Noël que je trouve toujours un peu décevant. C’est un peu tôt pour les thés de Noël ? Non, non, non et puis si l’on attend décembre, on sera obligés d’en boire tout l’hiver alors qu’on aspirera qu’à retrouver le printemps. Le thé de Noël signifie strictement qu’on n’en boit plus après Noël dans mon calendrier personnel et il est donc plus que temps de penser à remplir l’armoire… de Route Mandarine. (Et c'est toujours une petite fête de recevoir une commande Honoris Causa même s'il faut surmonter le stress causé par les transporteurs.)




D’un point de vue strictement cosmétique, il semble que les astres se soient alignés et les pots vidés pour me faire commencer une routine de septembre toute nouvelle. C’est quelque chose qui fait plaisir car j’adore découvrir mais qui angoisse aussi un peu, ce que seuls les fans de skincare comprendront, la joie de découvrir étant un peu assombrie par la perspective d’avoir fait les mauvais choix.


Heureusement, il y a aussi la joie sans partage de retrouvailles de valeurs sûres. Finalement, ce concept de retrouvailles était peut-être ce qui a présidé à mes petites joies du mois d’août. En soi, c’est plutôt agréable, pas très progressiste pour les tenants de la nouveauté à tout prix, mais cela permet de relativiser les petits abandons, les petits deuils…

 



NB : en parlant de retrouvailles, même si j’avais déjà passé l’âge d’être le public cible de Freaky Friday, je suis sans vergogne allé au cinéma voir Freakier Friday, que j’ai beaucoup aimé. Évidemment la surprise n’est plus au rendez-vous, évidemment, le film perd un peu de sa fraîcheur, mais l’enchantement perdure et je pense qu’on n’a jamais assez de Jamie Lee Curtis.

 

 

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