influences...

 

(comme je ne savais pas quoi mettre comme illustration, pourquoi pas un selfie. Un bel autoportrait sur lequel on voit bien mes pores…)

Cette semaine j’ai lu un article du Monde sur les gens qui se désabonnaient des influenceurs parce qu’ils ne se reconnaissaient plus dans le contenu, on va dire pour résumer très fort, qui m’a profondément agacé. Pas l’article en lui-même qui est très bien. Non. Les commentaires. Que j’ai trouvé puant de mépris de classe et/ou générationnel. Cela étant, je n’ai aucune envie de défendre Léna Situation ou ses followers pour la simple bonne raison que je ne la suis pas et que je ne sais pas du tout ce qu’elle fait (et que je m’en fiche un peu.) J’ai juste un peu de mal à comprendre les commentaires qui n’apportent rien (et qui ne sont même pas drôles.) Dénoncer la culture du vide et les panneaux publicitaires ?  Vraiment ? Quel enfonçage de portes ouvertes…


Pourquoi faut-il rappeler que ce genre de chose a toujours existé et existe toujours ? Que Salut les copains, ce n’était pas bien plus intelligent. Ni la star academy ou Hélène et les garçons. Ou c’est mon choix. Et que ce n’est pas bien grave. Qui sont ces gens qui conseillent à une étudiante d’ouvrir plutôt un livre pour se distraire ? Moi, je me souviens très bien de mes études même si c’était il y a longtemps. Et je sais que, même si j’adorais lire, parfois j’avais besoin de ma dose de facilité parce que concentration pour étudier-concentration pour lire-concentration pour étudier ça ne fonctionne tout simplement pas. Il y a un moment ou on a besoin de ne pas se concentrer, besoin de se vider la tête…


Surtout, je me demande pourquoi personne ne s’interroge sur les raisons du succès des influenceurs… Si ce n’est pas parce qu’ils proposent quelque chose d’intéressant aux yeux de ceux qui les critiquent, il doit y avoir autre chose ? Quel est le vide qu’ils comblent ? Je constate quand même que, de façon très pratique, rien ni personne ne s’adresse aux jeunes, à certaines communautés, ne répond à certaines questions… Il y a un manque de magazines, de livres, d’émissions télé. Parce que, sorti des actualités et de la politique, il y a quoi ? Rien. Ou presque.


Si je prends un sujet qui m’intéresse, les cosmétiques, la presse, les médias en parlent parfois parce que ça représente un marché important, mais quasi uniquement sous un angle alarmiste avec poison ou cancer dans le titre. Bien sûr le truc se dégonfle et ne résiste pas à l’analyse la plupart du temps mais ça a fait vendre alors qu’est-ce qu’on en a à faire de vendre du vide ? Il y a aussi les articles plus « informatifs » qui parlent des nouveautés et des nouveautés uniquement avec un discours souvent copié-collé du dossier de presse qu’on peut facilement reconstituer après avoir parcourus trois magazines différents. Ah, bien sûr, il est généralement question de ce que proposent ceux qui achètent des espaces publicitaires dans le magazine. On montre du LVMH et on en dit du bien parce que c’est une ressource importante…


Quelle est la différence avec les influenceurs ? Les choses sont plus claires ? Pas du tout…Et quand on reproche à ceux-ci de partir aux Seychelles gracieusement invités par Erborian en quoi est-ce différent des voyages de presse qui existaient bien avant l’invention des réseaux sociaux ? Il est vrai qu’avant l’invention des réseaux sociaux, on ne voyait pas les voyages de presse. Quant aux cadeaux… La première vendeuse de parfumerie un peu honnête vous dira que certaines marques récompensent ceux qui font de bons chiffres avec des cadeaux et qu’il y a donc tout intérêt à vous pousser vers tel achat plutôt que vers tel autre.


C’est tout un système qui est moche, tout un système qu’on devrait refuser. Mais nous n’en sommes pas toujours conscients. Et nous n’avons pas toujours envie de dire non. Parce que c’est plus facile parfois de se laisser influencer. Juste taper sur des gens qui en vivent et l’assument, c’est un peu facile. Et si leur comportement ne nous plaît pas, ne nous parait pas éthique ou… ne nous abonnons pas, c’est simple. Sans juger ceux qui suivent pour des raisons qui leurs sont propres. D’autant que, au-delà des influenceurs qui sont une partie immergée d’un iceberg, il y a des vrais gens qui discutent, forment des communautés, rassemblés par un intérêt commun, alors que jusque là, parfois, ils se sentaient bien seuls avec leurs envies et leurs interrogations.



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