loopha-chanel
Les bonnes nouvelles ne sont pas si courantes, ne laissons
pas passer la plus futiles occasion de nous réjouir et de nous faire du bien.
Que DECIEM lance un produit parfumé (toute une marque de) est une vraie surprise pour moi, le groupe
ne m’ayant pas vraiment convaincu lorsqu’il lançait des produits parfumés. La
nouvelle marque Loopha, il fallait que j’essaye et j’ai profité du slow
novembre pour commander très sagement le nettoyant mains-corps qui me tentait
le plus en mode je suis une pauvresse ou je suis raisonnable. Les deux
fonctionnent, hélas. J’adorerais penser que je suis un Harpagon qui amasse dans
sa cassette mais ma cassette est vide. Mais je sens riche.
Le broadleaf forest est une fort jolie surprise, un peu
austère et très niche, qui me fait penser à se passage des jeunes filles en
fleurs ou l’élégance du baron de Charlus est décrite comme celle de quelqu’un
qui s’interdit la couleur parce qu’il l’aime. Tout tourne autour du bois. Une
note de cèdre charpente le parfum, lui donne une verticalité alors qu’il
exprime surtout la racine de vétiver, sombre mais sans dureté. Un peu de patchouli
vient arrondir les angles, assouplir avec sa profondeur toujours un peu
sensuelle et sa petite touche d’humidité vaguement moisie. C’est extrêmement
réussi, joli, aux antipodes des parfums doudous, douceurs, régressifs et des
vanilles sensuelles. Classiquement, on l’aurait classé dans les masculins, mais
ce serait aller un peu vite. C’est un nettoyant qui plaira à tout ceux qui
aiment les parfums solidement construits, pas uniquement les boisés, je pense
surtout aux chypres, notamment à Miss Dior. (Le seul, le vrai, celui de 1947,
vous savez et je sais que vous savez.)
Notez que, même si nous parlons d’un nettoyant, il y a un
côté changeant. Il m’arrive de percevoir plus le patchouli que le vétiver ;
l’odeur qui reste avec légèreté sur les mains n’est pas exactement celle de la
mousse…
L’autre très bonne surprise, c’est le N°5 de Chanel qui
s’offre pour Noël une huile pour le corps dans le flacon emblématique de la
marque (d’après moi moins séduisante que celui de l’eau de toilette.) Passons
sur les aspects soin, c’est une huile pas très intéressante, c’est l’odeur qui
est une merveille : on retrouve le N°5 tels qu’on l’a aimé, tel qu’on l’aime.
C’est riche, profond, dense. Les aldéhydes et les fleurs, le fond sombre, c’est
magnifique. Le N°5 séduit à nouveau, il ne sent plus seulement bon le propre et
l’élégant, on peu enfin se lover dans le luxe et la beauté. (Oui, la beauté,
c’est quand même mieux que l’élégance. Et si on a les deux comme avec cette
huile, c’est encore mieux.)
Merci de nous faire rêver 🖤
RépondreSupprimerUn gel douche construit comme un beau parfum. Une balade dans une forêt humide et bouleversante.
RépondreSupprimerJe n'ai pas trop la sensation forêt, il est un peu plus stylisé que figuratif. Les couleurs sont là, mais pas le dessin pour moi. (Et je ne m'en plains pas.)
SupprimerAlexis Colby Carrington aurait adoré cette huile....
RépondreSupprimer-Fabien-
TOTALEMENT (et encore plus une version bain à utiliser avec beaucoup de générosité.)
SupprimerMerci pour ces 2 merveilleuses descriptions et la justesse des tes mots ! « Le fond sombre », je ne l’aurais jamais trouvé toute seule !
RépondreSupprimerPour moi, le vrai fond du N°5 est un mélange de senteurs un peu sales (civette et muscs?) et l'aspect un peu cire de bougie noircie et fumée qu'à parfois le jasmin lorsqu'il est généreusement dosé. C'est très discret mais ça donne du relief au parfum (et une indéniable sensualité que n'ont pas les versions trop propres.)
Supprimer♥️
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