plaisir?

“…aucun élément matériel et opaque n’en venait interrompre et aveugler la transparence.”

Marcel Proust, à la recherche du temps perdu, le côté de Guermantes, 1920.

Pleasures, Estée Lauder.
Certains parfums ne sont à l’évidence pas fait pour me plaire et pourtant, je ne peux m’empêcher de leur trouver du charme. Pleasures est de ceux-là.  Il a tout du parfum typique des années ’90, politiquement correct, sans implication, parfait pour le bureau. Le parfum est floral, rosé, frais, avec une pointe de poivre qui lui donne un peu de personnalité après son départ frais. Il est transparent, léger, mais bien présent et pour longtemps, la parfaite réussite de cette époque assez peu glamour, entre grunge et minimalisme, lisse et poli.

Pourtant, sans avoir envie de le porter, à chaque fois que je le sens, il me surprend. Je trouve qu’il sent bon et je ressens un vrai plaisir à être dans son sillage. Je le trouve réussi et pas si "neutre" que ça. C’est une ballade au jardin, un jardin stylisé et innocent ou les fleurs ne sont pas des organes sexuels, et c’est vraiment plaisant. Très aimable, il porte bien son nom finalement, même si les plaisirs proposés sont loin de la petite mort. Pas de la grande envolée lyrique, mais un joli petit poème pour enfants bien ficelé par Maurice Carême. 

Pleasures, Alberto Morillas pour Estée Lauder, 1995.

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