"Que celui qui pourrait écrire un tel livre serait heureux, pensais-je."
Marcel Proust, à la recherche du temps perdu, le temps retrouvé, 1927.
Voici ma
photo la plus populaire sur Instagram en février. Ce n’est pas lié à la beauté de la photo
en soi, j’en ai fait de plus jolies, ni au #Guerlain, j’ai d’autres parfums
Guerlain comme parfums du jour ou du soir qui ne font pas autant l’unanimité en
dépit d’un succès commercial plus grand. Dans la vraie vie, les gens autour de
moi aiment aussi Mouchoir de Monsieur. C’est amusant et interpellant parce que
ce parfum se vend mal. On le trouve difficilement, il ne bénéficie d’aucune
campagne publicitaire, n’est absolument pas mis en avant. Ce n’est pas non plus
un des incontournables des perfumistas pointus ou des snobs invétérés.
Je l’aime
parce qu’il est toute en finesse est en discrétion, une fougère classique, très
lavande, sur ce fond Guerlain sensuel, mais que ne se vautre pas dans la lascivité.
Mouchoir de Monsieur sort peut-être de l’appartement d’une cocotte mais il
reste un bourgeois respectable, un bon père de famille et cette ambigüité me
séduit. Les gens qui le sentent sur moi ne voient probablement pas si loin et
sentent quelque chose d’élégant dans sa retenue, très confortable, et très
Guerlain.
Guerlain qui
reste une marque très populaire même si elle n’est pas la plus innovante, la
plus agressive, la première en termes de vente. C’est une grande maison. Chère
aux cœurs des perfumistas, mais aussi à celui de beaucoup d’autres personnes. À
cause de son passé, de son présent, ‘est une maison qui peut compter sur des
fidèles. Pas de grandes explications de ma part, je serai bien en peine de les
donner, de les trouver, mais il me semble qu’une grande partie du succès de
Guerlain est lié à l’ancienneté de la maison, autant qu’à la qualité des
parfums. Guerlain semble être une marque, LA marque, qui s’hérite. On est
souvent Guerlain parce que nos parents, nos grands-parents étaient Guerlain. Clairement,
il semble y avoir avec ces parfums quelque chose du patrimoine, de la
transmission familiale et personnelle.
Il y a là
toute une histoire à écrire, à raconter, que je ne peux qu’imaginer (chez moi,
on ne se parfumait pas), mais qui me touche. Je trouve dommage d’ailleurs que
Guerlain ne se serve pas de ce potentiel dans sa communication. Je suis
certains qu’il y a des milliers d’histoires portées par tous ces gens qui vont et viennent dans les
boutiques Guerlain chaque jours. Des histoires drôles et émouvantes, parfois
tristes, des histoires très intimes. Des histoires qui feraient un livre que j’aimerais
vraiment lire à l’occasion.
J'aimerais aussi lire ce livre, un ouvrage extrêmement intéressant pour moi car en Espagne la maison Guerlain n'a vraiment aucune tradition.
RépondreSupprimerCordialement,
Sara
P.S.: Vous pouvez imaginer que "Mouchoir de Monsieur" n'est pas disponible en Espagne, même dans les boutiques Guerlain, tout comme "Après l'Ondée" ce qui est plus frappant.
Contrairement à ce qu'on veut croire en France, Guerlain est franco-français et n'a pas vraiment de prestige et de rayonnement international, même s'il y a des fans partout. C'est vraiment la maison de la grande tradition française avec tout ce que ça comporte d'avantages mais aussi de handicaps dans un monde ou la la mondialisation a imposer ses standards, ses normes.
SupprimerJe me doute que Mouchoir n'est pas distribué en Espagne, il ne l'est pas plus à Bruxelles. Et même en France, il est quasi introuvables en dehors des boutiques parisiennes de Guerlain. Ce qui explique mon étonnement quant à sa popularité...
Mon arrière-grand mère portait Mitsouko, mon grand-père ne mettait pas Mouchoir mais Jicky (d'ailleurs j'ai été sidérée quand j'ai découvert que Jicky était considéré comme un parfum de femme; c'est depuis ce temps que je ne donne plus de "sexe" aux parfums), ma grand-mère mettait Après l'Ondée, ma Maman Parure et Chant d'arôme, mon Papa Habit rouge, et moi, je n'ai pas reçu l'Amour en héritage pour parodier un vieux feuilleton, mais Guerlain. Mitsouko de ma pétroleuse d'arrière grand-mère. Et à mes 18 ans, pour mon premier vrai grand amour, je me suis offert Chamade....
RépondreSupprimerC'est dire qu' entre la maison Guerlain et moi, il y a des liens très forts et des souvenirs à presque chacun des parfums. Mais pour moi, tout s'arrête après Samsara.... Je suis un peu sectaire, mais après Samsara, ce n'est plus Guerlain.
L'exemple parfait. C'est chouette de tomber en plein bon goût comme ça, non? Parce que le parcours familiale est vraiment un sans faute.
SupprimerHeu... Je dois être plus sectaire encore car moi, je m'errête à Jardin de Bagatelles qui ne me semble vraiment pas Guerlain avec ses notes piaillantes et vraiment agressives, totalement dépourvues du charmes moelleux des anciens Guerlain. Mais je dois dire que le joli Shalimar Parfum Initial me semble vraiment dans la lignée. (Indépendamment de la polémique flankers, je trouve que c'est une très belle réussite pour la maison Guerlain.)
Dieu que j'aime ce parfum, mon père le porte souvent et j'ai un souvenir très précis de la première fois où je l'ai senti sur lui, une pure merveille qui lui va terriblement bien...Je lui trouve quelque chose de Jicky.
RépondreSupprimerOh oui, il a quelque chose de Jicky. Mais je peux porter l'un alors que je ne supporte pas l'autre. Comme quoi, tout est dans la nuance. et entre deux frères, il n'y en a qu'un qu'on épouse.
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