fleurs d'oranger, serge lutens

 


Il faut me voir à quatre heures du matin, réveillé par le froid « quoi ? il n’y a que 21° dans cet appartement ! », enfiler un pull par-dessus mon pyjama, me draper dans ma robe de chambre puis m’envelopper dans un plaid pour comprendre à que point j’aime la chaleur. Les canicules sont presque les seuls moments où je dors convenablement, beaucoup même, alternant siestes et longues nuits de repos, assommé mais heureux, étrangement et languidement bien.




Le plus joli parfum pour accompagner ces moments est, du moins pour moi, la capiteuse fleur d’oranger de Serge Lutens. Plus bouquet de fleurs blanches, j’y sens très fort le jasmin du départ, surtout quand il fait frais, plus la tubéreuse quand la température monte, on la dit moins sensuelle aujourd’hui que jadis mais voilà qui ne m’arrête guère. Je me fiche bien de la sensualité. Pour moi, ce parfum est narcotique comme la canicule, poussant au repos, obligeant à l’immobilité. La pointe de cumin qu’il contient le rend fiévreux et non sexy. Et dans le fond, je préfère parce que c’est plus original avec un soupçon de théâtralité. Et nous ne détestons pas nous mettre en scène, n’est-il pas vrai ?




Fleurs d'oranger, Christopher Sheldrake pour Serge Lutens, 1995.


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