apothéose, oriza l. legrand

 


Pas besoin de retourner le blog dans tous les sens pour soupçonner que je suis amateur de classiques aldéhydés plus que de choses modernes. C’est un goût pour une certaine abstraction, un attachement à des modes passée qu’il serait fort vain de vouloir proustien : mes parfums ne me rappellent généralement rien, épargnons-nous les effets madeleine. Au contraire, pour moi, ils racontent des histoires et sont porteurs de promesses plus que chargés d’Histoire avec un grand H. Disons que j’aime beaucoup les romans historiques et les costume dramas.




Mais je reconnais volontiers que ce genre de parfum n’est pas ce qu’il y a de plus facile à porter dans ces moments de chaleur où nous avons envie de délacer un peu notre corset, voire d’oublier la guêpière parce qu’ils nous semblent un peu lourds ou théâtraux. Il y a des alternatives et même des solutions classiques comme un White Linen d’Estée Lauder ou un Blue Grass d’Elizabeth Arden. (Que je cite des parfums américains n’est probablement pas un hasard.)  Apothéose d’Oriza Legrand semble avoir résolu le problème à sa façon : Les aldéhydes sont très présents et une jolie note d’eucalyptus, très surprenante les accompagne donnant au parfum une belle fraicheur propre et sereine, cassant complètement ce que la forme classique peut avoir de compact, de soudé pour l’ouvrir et l’aérer avec beaucoup de grâce. Sur moi, le bouquet floral est bien là mais jamais étouffant, ni en vase, ni en serre, il me semble le sentir en pleine nature. Le fond musqué reste assez discret, il soutient le parfum, le fixe mais sait se faire oublier pour qu’on ne retienne que la propreté des aldéhydes en restant loin d’une sensation lessivielle.


C’est différent, classique, certes, mais original et assez poétique, évoquant l’élégance des années ’20 mais en robes historiques de Jeanne Lanvin portées en villégiature plutôt que la clinquance de garçonnes en petite robe noire et perles à foison ou de jazz babies toutes en franges et lamés or. A redécouvrir absolument car s’il est magnifique dans le froid, il se montre fort aimable en été et nous permet de ne pas déroger au sublime de la parfumerie la plus classique qui est tellement « notre genre. »


Apothéose, Oriza L. Legrand, 2023.


Commentaires

  1. J'ai vu sur leur site internet qu'ils ont lancé cinq extraits de parfum qu'on a forcément envie de sentir.

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    1. J'avoue que pour une fois je ne suis pas très excité par le truc. Peut-être à tort? Mais bon, nous verrons bien. Prenons notre temps!

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