En voilà un qui jouit d’un statut un peu particulier dans la communauté parfumée : beaucoup l’ignore mais pour les adeptes, niche dans la niche, du parfum « poudré » (ceux qui vous font entendre les guillemets quand il disent le mot) ce parfum est un parfum culte, un mètre étalon, une références aussi chérie qu’incontournable. Il est vrai qu’en dépit d’un storytelling faisant référence à la Belle Époque, Teint de Neige semble avoir la poudre pour seul propos à la façon d’un long travelling avant dans un film en costume : les décors sont parfaitement en place, tous les détails bien présents.
Les fleurs, surtout l’héliotrope, le rhizome d’iris, les muscs, une pointe d’amande, un soupçon de vanille, de la tonka, tout est là, parfaitement agencé, jusqu’au plan serré sur le poudrier à la blancheur immaculée. Un rien de fard gras laisse penser que ce teint marmoréen est peut-être posé sur une chair vivante. Le propos cosmétique n’est pas exactement nouveau, mais Villoresi le pousse à son paroxysme d’une façon presque monomaniaque. Ce qui explique que pour les amateurs du genre il soit une référence absolue. Personnellement, je ne suis pas si emballé que cela. J’aime le genre mais la poudre n’est pour moi qu’une qualité parmi d’autres et je reproche à teint de Neige de n’être qu’une fraction d’un vrai parfum, une scène isolée dans un grand film, un extrait repassé en boucle sur les réseaux sociaux, dont j’aimerais voir l’entièreté.
Que voilà un parfum agréable à porter, confortablement rétro, au point qu’en le découvrant, on croirait l’avoir connu depuis toujours, exécuté plus finement qu’il n’y parait au premier effluve. Certes, il est un peu monolithique, guère évolutif, mais il égrène joliment ses notes talquées en détachant les nuances apportant de la sophistication là ou d’autres se contentent d’accord plus simplistes. Il existe en plusieurs concentrations, ma préférée est l’eau de toilette, déjà très présente. Certes, il a plus de sillage en eau de parfum et en parfum, mais c’est trop pour moi, il devient envahissant, étouffant. L’eau de toilette qui l’aère un peu lui permet un peu plus de finesse, il devient un confortable et rassurant parfum de boudoir, sophistiqué mais sans prise de tête. (À porter chez soi, mais pas uniquement.)
Teint de neige, Lorenzo Villoresi, 2000.
NB : Je précise une tenue à toute épreuve. Plusieurs semaines sur les vêtements, écharpes et foulards. Certains adorent, d’autres ont peur. D’une certaine façon, son aspect monomaniaque autour d’un thème classique de la parfumerie devient un atout, puisqu’il lui permet de se mélanger harmonieusement à d’autres parfums, voir même de les soutenir.




J'aime ce parfum! Je ne l'ai plus porté depuis une éternité mais j'adorais son côté enveloppant. Comme tu dis, uniquement en edt sinon risque de migraine, il est vraiment très présent.
RépondreSupprimerJoli!
Oh oui, il est facilement trop. Je revois la dame qui me l’a fait sentir le première fois en version parfum me dire « vous n’aimez pas quand ça sent fort? » d’un ton étonné… Mais dans cette version, on tombe vraiment tête le première dans le poudrier…
SupprimerIl a l’air intéressant. Je vais regarder. Belette.
RépondreSupprimerÀ connaître quand on aime le poudré, c’est certain.
SupprimerC'est le parfum d'une amie. Le problème est qu'elle le porte depuis si longtemps qu'elle ne le sent plus. Elle a donc tendance à forcer la dose. Ce qui est problématique pour le restaurant par exemple.
RépondreSupprimerC'est d'ailleurs le cas de certains parfums puissants (je pense à Aromatics Elixir par exemple): on a beau les adorer on a l'impression de manger sa salade de mâche assaisonnée de parfum et c'est pénible.
Pourquoi ne pas emporter un vaporisateur de poche et compléter son parfum entre le restaurant et la suite de l'après-midi ou de la soirée?
Et puis vous avez raison: il est vraiment monolithique ce qui n'est pas forcément un défaut mais dans son cas on attend une évolution qui ne vient pas.
Oui, son côté monolithe, je ne déteste pas à l’occasion, c’est rassurant la stabilité, mais j’aime mieux les parfums qui raconte toute l’histoire. Alors, oui, ce n’est à l’évidence pas un parfums de salle à manger. Il est comparable à ces grands bouquets de lys qui empêchent de sentir la voiturier et donnent la migraine, ça ne va pas vraiment, c’est trop, beaucoup trop. Il suffirait de parfumer ses vêtement la veille et ce serait probablement parfait…Cela dit, à 7h du matin dans les transports en brouillon, c’est tout aussi abominable qu’au restaurant.
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