le joli mois de novembre

 (avec quelques efforts)



Ne m’en demandez point l’une ou l’autre raison, mais il me semble que contre toute attente, j’ai passé un très bon mois de novembre. Peut-être cela tient-il au fait que le ciel fut parfois bleu ? Oui, je sais, moi aussi j’ai eu froid et j’ai vu tomber de la neige mais que voulez-vous que je vous dise, je me suis concentré sur les quelques rares moments de ces cieux azurés qui m’ont tant manqué cet automne… Que j’ai enfin été en bonne santé après deux mois de méforme totale ne dois pas y être totalement étranger. Dans le fond, il n’y a probablement que les malades qui savent que la santé est un bien précieux dont il faudrait se réjouir tant qu’il est en notre possession.




Pourtant, la dernière semaine de novembre fut un peu, beaucoup même, la semaine infernale. Celle ou partout et tout le temps on nous a dit de consommer à grand renfort de codes promo au non du sacro saint Black Friday. Et j’ai eu zéro envie de suivre le mouvement parce que je sature, je n’en peux plus. Tout en admettant, je ne suis pas un ange, que j’ai surconsommé ce mois-ci, bien sûr. Jusqu’à l’écœurement et un certain dégoût de moi-même. 




C’est pour ça que j’ai choisi de ne pas publier sur le blog. (Un peu comme DECIEM-the ordinary-NIOD qui ferme son site ce vendredi-là) Pourtant, j’ai sous des trucs dont je pourrais vous parler, qui pourraient vous intéresser et pour lesquels j’ai même un code promo et ça tombe bien vu que c’est cher, mais non, je ne vais pas faire de la vente en ligne ou du téléachat. D’abord, je trouve ça moche. Et puis je trouve qu’on vaut mieux que ça. Et j’ai aussi fuis les écrans et les réseaux parce que je n’en pouvais plus. A la place…




Je suis allé au Musée royal d’Art et d’Histoire qui est absolument magnifique. Les nouvelles galeries XIXème et Art Nouveau sont merveilleuses. Mais les sections médiévale et la renaissante méritent aussi la visite. El le musée du Cœur, une assez petite salle à vrai dire, s’il est plus anecdotique est, ma foi, fort sympathique… Et voilà qu’une fois de plus je me demande pourquoi je ne vais pas plus souvent au musée. La beauté, et surtout la beauté 1900, c’est quand même ce qui permet de tenir le coup et de ne pas complètement désespérer de l’humanité. 




Sinon, shocking news, je suis passé du côté de Noël. Oui, moi et je ne sais pas plus que vous ce qui se passe, probablement un alignement de planète étrange, très étrange. Certes, je suis resté sobre. Pas de sapin dans le salon, chose que j’ai toujours trouvée hautement absurde, de guirlandes, de boules ou de loupiotes, merci, mais non merci, pas de ça chez moi. (Ton horrifié d’une duchesse de Guermantes qu’on tenterait de faire assoir sur un siège Empire.) J’ai misé sur la sobriété et mis la main sur les personnages de la crèche, en porcelaine, que j’installerai le 1er décembre et avec lesquels je vais jouer tout le mois, les rapprochant de la console du salon, sortant Jésus le 25 et réunissant la Sainte Famille avec les rois mages pour l’épiphanie. Oui, j’ai quatre ans et je joue à la poupée. Ou au théâtre de marionnettes. Où est le problème ?




Dans le genre ultra esprit de Noël qui met la larme à l’œil, j’ai lu fa la la la la de Émilie Chazerand qui m’a fait l’œil humide du début à la fin. 98% du temps parce que je pleurais de rire et puis, aussi, parce qu’entre deux éclats de rire l’émotion surgit et cueille d’autant plus qu’on ne l’avait pas vue arriver. L’histoire est celle d’un grand dans sa famille de naines quand même un peu obsédée par Noël et les pâtisseries alsaciennes. (Situation décrite dans le livre par « Blanche-Neige a morflé. ») Ce n’est pas le premier livre de l’auteure que je lis et certainement pas le dernier. Alors, oui, ça se trouve au rayon littérature jeunesse et rien que ça suffit à justifier mes achats de sérums aux peptides et à l’acide hyaluronique.  Ok personne en me donnera14 ans en me voyant. Mais quand je cause, parfois, il m’arrive de faire moins que mes 120 ans.




Même si, c’est vrai, quand nous en arrivons à causer sent-bon, je les assume ces 120 ans. Le temps était parfait pour porter de l’encens ou de l’iris à condition que ce soient des parfums froids mais j’ai de plus en plus l’envie de sentir à nouveau la vieille. (Ok, ce n’est pas si nouveau.) Me rouler dans le chypre, me vautrer dans l’aldéhydes, oser le floral poudré, poudreux, crémeux, assumer mes articulations qui grincent, mes cheveux argentés reflet Régécolor mauve pensée d’hiver et mon corset de douairière qui a décrété qu’elle resterait fidèle aux modes qui l’ont si bien servie dans sa jeunesse et ferait la démonstration à l’univers de ce que c’était que sentir beau en ce temps-là. Confidence : il y a des jours où il m’arrive de penser que le N°5 « oh, non, ça ne va pas être possible, c’est beaucoup trop moderne pour moi ! »




J'espère que vous aussi vous avez pu appréciez, sinon le mois de novembre, du moins certaines de ses parties?




NB : J’ai beaucoup écouté Annie Lennox, chanteuse absolument merveilleuse dont j’adore les compositions, mais cette fois dans un album de reprise de chansons des années ’30 intitulé Nostalgia. (La modernité ne passera pas par moi !)


Commentaires

  1. Magnifique billet.
    Hâte de vous sentir.......que dis-je de vous lire......
    -fabien-

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