octobre 2026
Ne me dites pas qu’octobre n’a pas été la plus horrible des saisons ; nous sommes directement passé de l’été à l’hiver quasiment sans passer par la case feuillages rougeoyants qui plaît tant à certains. Je dors mal, j’ai la peau qui tire, bref, je suis d’une humeur exécrable entre deux poussées de fièvre et ce n’est pas l’actualité qui pourrait me donner le sourire tant l’heure est à l’angoisse et à la colère. Ou alors, justement, si…
Voir la jeunesse dans la rue m’a rendu un peu d’espoir. Elle a bien du mérite d’ailleurs cette jeunesse : l’année de mes 18 ans, le mur .de Berlin chutait, avoir 18 ans en 2026 signifie juste affronter la canicule, l’extrême-droite plus décomplexée et plus proche du pouvoir que jamais un peu partout, une économie qui s’effondre… Bref, en 2026, l’avenir c’est aller dans le mur. Avec en prime une éducation au rabais parce qu’il faut bien les préparé à cet avenir qu’on leur a concocté n’est-ce pas ? Alors que les jeunes un peu partout se révoltent, ne soient pas ces être amorphes dans le canapé, hébétés par les jeux vidéo et les réseaux sociaux qu’on leur reproche tant d’être, c’est plutôt une bonne nouvelle.
Mon rapport à l’actualité évolue toujours un peu pareil : je m’en coupe complètement sur les réseaux sociaux qui ne m’offrent que les mêmes images en boucles et comme dans tous les domaines une fâcheuse tendance au clivage, à l’exagération, parce que c’est ça qui fait des vues plutôt qu’à l’objectivité et à l’analyse. Heureusement qu’il nous reste encore une presse qui n’appartient pas à Bolloré pour tenter d’y voir clair. (Notez que j’évite absolument la lecture des commentaires sauf si je suis pris d’une subite envie profondément masochiste!) Dans Le Monde, ce mois-ci, j’ai beaucoup aimé l’interview de Navanethem Pillay, prix Nobel de la paix (ICI) et pas juste parce que ce choix a dû beaucoup énerver Donald Trump, ce qui en soi suffit déjà à faire un peu du bien.
Il faudrait d’ailleurs renoncer aux réseaux tant tout y est fait et calculer pour nous prendre à rebrousse poil, susciter le clash, la réaction à fleur de peau alors qu’il est si doux d’être plus ou moins d’accord et de discuter des choses en personnes civilisées pratiquant la modération plutôt que la caricature… Faut-il que même pour parler parfum nous soyons péremptoires, hautains et si désagréablement caricaturaux ? (Tout cela pour parler d’une improbable sortie de niche que personne n’attend dans l’espoir de recevoir un peu de gratuit et de goodies de la part des PR voire un ridicule contrat aux exigences absurdes et mal payées ? Est-ce que je soupçonne la plupart des influenceurs parfums professionnels de n’en avoir rien à faire du parfum ? Oui.)
Sinon, un petit passage au musée de la Boverie à Liège parce que ça fait toujours du bien de voir de belles choses. J’illustre avec la parisienne japonaise d’Alfred Stevens parce que c’est tellement nous ce face à face avec le miroir dans l’obscurité de notre boudoir, parés de notre beau kimono, prêts à recevoir un visiteur mais, dans le fond, fort satisfaits à l’idée que peut-être personne ne viendra déranger notre solitude…
Puis-je seulement parler de solitude alors que je n’ai jamais autant lu ? Je vous épargne les détails mais voilà bien longtemps que je n’avais à ce point eu la sensation qu’un jour sans lecture était un jour perdu. Je vous épargne les détails mais je me suis notamment passionné pour une biographie de Mme de Staël (en mode fan) et j’ai adoré lire un été 69 de Jean-Philippe Blondel qui restitue parfaitement l’esprit de la fin des années ’70, pas parce qu’il met les bonnes musiques dans les bons décors, mais parce qu’il a su capter l’état d’esprit de cette époque.
Bien sûr qu’il y a de ma part un peu de nostalgie mais je pense que les questionnements du roman, notamment sur le couple, la place de la femme, la masculinité, ne sont absolument pas des questions démodées, hélas parce qu’il semble bien qu’aujourd’hui rien n’ai dans le fond été résolu. Ou si peu… Cette tranche de vie d’une famille en vacances est questionnante, mais c’est aussi un moment de plaisir. Dans quelle mesure est-ce que ma nostalgie m’a rendu partial ? C’est à vous de me le dire si vous l’avez lu!
Quelque chose qui m’a fait énormément de bien, alors que j’étais malade et interdit de sortie, c’était de la nourriture de dépannage, la chose la plus bête qui soit, que j’ai toujours à la maison parce que « on ne sait jamais » : la boîte de ravioli. Qui ramène directement à l’enfance.et qui est donc pour cette raison absolument délicieuse. (Surtout si comme moi vous ajouter un peu d’épice, beaucoup de crème d’Isigny et de fromage pour faire gratiner.)
Pour terminer, le truc à priori pas du tout rigolo mais qui fait beaucoup de bien : j’ai trié. Un peu contraint et forcé, parce que vraiment j’ai horreur de ça même si quand on vit en appartement c’est absolument nécessaire à cause du manque de place, bien que ma théorie soit que plus il y a d’espace disponible, plus on accumule et qu’il faudrait vraiment vivre à l’étroit mais même comme ça je réussirais à encombrer et à désencombrer régulièrement. Des vêtements. 140 litres. C’est vrai que je garde beaucoup et que je porte longtemps. Mais enfin, il y avait vraiment des choses que je ne pouvais plus porter pour une sombre histoire de tailles. Là où je suis fier, c’est que, à part deux pantalons dont je me suis demandé quand j’avais vraiment eu la taille aussi fine, je me suis surtout débarrassé de hauts trop étroits des épaules. Ce qui tend à démontrer que je ne paie pas un abonnement à la salle de sport pour rien. Malgré mes doutes parce que, comme tous le monde, j’imagine, je ne vois aucune différence à l’œil nu. Faire de la place dans les armoires, c’est comme faire de la place dans la tête : c’est très libérateur. Même si maintenant je n’ai PLUS RIEN à me mettre et des armoires étrangement toujours pleines. (Ne me demandez même pas comment c’est possible, je suis probablement victime d’un mauvais sort lancé par une très vilaine fée qui n’a probablement pas digéré de ne pas avoir été invitée à mon mariage. Ce qui est d’une susceptibilité que je trouve un peu déplacée puisque je ne suis même pas marié.)
Vider me fait toujours du bien ? Pas à vous ? Je ne le fais pas plus souvent par crainte d’émousser la sensation de délivrance… Mensonge éhonté, même s’il y a probablement un fond de vérité, je suis bien trop paresseux et, en plus, je ne déteste pas l’esthétique de l’accumulation et la sensation de plénitude (remplissage ? gavage ?) qu’elle laisse. Je vous avoue que le vide de mon placard à cosmétiques m’angoisse parfois et que ça m’a vraiment fait du bien d’acheter un peu (trop ? noooon, juste assez et avec l’excuse que c’était pour éviter des frais de livraison.) pour le remplir un peu.
Sinon, j’aime de plus en plus les photos en noir et blanc. Je sais que ce n’est pas ça qui les rendra populaires, les gens aiment la couleur, mais peu importe, c’est de plus en plus ce vers quoi j’ai envie d’aller. Instagram tend à considérer ça comme un signe de dépression, mais personnellement, j’y vois de la sérénité et une certaine douceur… Qu’en pensez vous ?












Commentaires
Enregistrer un commentaire