En mai, constatant une fois de plus mon impossibilité à changer le monde pour en faire un endroit meilleur, je me suis à nouveau réfugié dans les frivolités parce que c’était bien plus facile de s’attacher à quelques détails charmants que de prendre la mesure du tableau d’ensemble. C’est à la fois un amer constat d’impuissance et une mesure de survie. Mais c’est vrai qu’ils sont là ces instants qui font du bien.
Comme celui où j’ai été obligé de m’arrêter dans ma marche à cause du parfum suave d’un chèvrefeuille à côté duquel je suis passé 100 fois sans savoir qu’il était là, tournant enfin la tête et m’enivrant de la senteur plus capiteuse dans la nuit que je ne l’aurais pensée. Est-ce que parfois la nature est plus forte que nos parfums ? Je crois surtout que, comme je passais souvent par là merveilleusement parfumé, ce pauvre chèvrefeuille s’est senti obligé de faire un effort.
Des efforts, je n’en ai pas fait beaucoup et j’ai eu des routines très courtes avec l’excuse de la grippe pour commencer et de la chaleur pour finir le mois. Ma peau ne s’est pas effondrée, bien sûr. Le petit plaisir esthétique a été de me raser le crâne, ce que je n’avais plus fait depuis longtemps et aime vraiment beaucoup. Il y a la sensation de la main qui passe sur le cheveu ras et un aspect esthétique indéniable : ce n’est peut-être pas ce qu’il y a de plus flatteur mais c’est indéniablement graphique. (En vrai, je trouve aussi que cheveux plus barbe, c’est un peu trop et pour l’instant, c’est la barbe qui gagne parce qu’elle est toute blanche alors que mes cheveux en sont encore au stade du gris qui s’installe totalement sans intérêt, du moins chez moi.)
Restons dans la sobriété avec un petit plaisir et auto-cadeau d’anniversaire : un fort joli nouveau sac épure de Longchamp que j’adore utiliser alors que j’avais des doutes au départ mais n’avais pu résister à ses lignes sobres -il porte bien son nom- et que tout le monde semble trouver très beau. J’avais déjà un sac de cette ligne et je sais que c’est un bon investissement : le cuir est solide et vieilli super bien. Et comme c’est un cabas sans chichi, il ne risque pas vraiment de se démoder. L’occasion de constater que ma garde-robe ressemble de plus en plus à mes parfums : ça doit durer longtemps parce que j’aime garder les choses et construire des histoires avec elles.
Puisqu’on parle histoires, j’ai adoré soul mate sur Netflix. J’en ai déjà parlé un peu partout mais il est hors de question que je n’en reparle pas. C’est une petite merveille de drama japonais qui évite tout ce qu’on peut détester : le mignon, le feel good, l’esthétisation à outrance pour raconter avec beaucoup de délicatesse l’histoire de gens cabossés qui vont se rencontrer et construire quelque chose ensemble, quelque chose de différent, un peu bancal, qui n’appartient qu’à eux. C’est émouvant et joli comme tout. Je mettrais ça dans la catégorie bon mélodrame, du genre que les fans de Douglas Sirk devraient adorer. Tous les personnages sont attachants (mais on a surtout envie de se faire adopter par les parents de Ryu !) et j’étais vraiment très content de voir que le rôle de Sumiko n’était pas là juste au début du truc de façon anecdotique mais était présent jusqu’au bout, avec une vraie profondeur, en mettant en avant, outre l’aspect mélodrame, des problématiques contemporaines comme le fait de travailler en étant une mère seule. Mention spéciale pour Ok Taecyeon qui m’avait déjà fait rire, effrayé, mais dont je n’aurais pas cru qu’il réussirait à m’émouvoir. Comme quoi, parfois, il suffit d’attendre le bon rôle…
Sinon, comme d’habitude, j’ai bu des litres de thé (et développé une addiction peut-être inquiétante à la camomille ?), fait des siestes lorsqu’il faisait enfin chaud (je ne dors bien qu’au-delà de 23°, c’est physiologique) et grimper ma PAL en allant à la librairie « acheter un livre pour faire un cadeau » parce que j’ai une véritable addiction au papier.
Comme je l’ai déjà dit, j’ai au moins réalisé un de mes rêves d’enfant : vivre dans une maison pleine de livres. Et c’est pas si mal.
(J’ai surtout -re-lu des textes et interviews de Simone de Beauvoir : c’était hyper intéressant, pas du tout démodé, que du contraire mais certainement pas feel good justement parce que c’est totalement d’actualité et qu’on aimerait se dire que non.)







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