Décembre, c’est le mois étrange par excellence, celui où le temps est plus capricieux que jamais ; où l’on n’en peut plus du bureau, où tout est lent, se traîne dans la morosité et puis arrive l’accélération des congés, des fêtes, des préparatifs, du temps qu’on ne voit pas passer, qui va beaucoup trop vite et puis ralentit subitement l’instant bien trop long d’un dîner de famille pendant lequel on se demande quoi dire, parce qu’on n’a pas grand-chose à dire et que les sujet à éviter sont légions pour ne pas plomber ou enflammer l’ambiance.
Mais il y a les cadeaux. J’adore les cadeaux. Pas tant en recevoir, je suis très mauvais à ça et fait toujours des mines d’empereur de Chine qui reçoit le tribut des royaumes amis en trouvant que ce n’est pas assez et que c’est fort ennuyeux surtout, bref, je ne suis pas bon public, je dois bien l’avouer, mais j’adore, non pas trouver, le sujet est aussi épineux pour moi que pour n’importe qui, mais envelopper des cadeaux. Un joli papier, deux bouts de ficelles et je suis à la fête comme un gamin de six ans qui fait une activité bricolage. Je dois bien dire que mes emballages sont en général réussis, mais dans la foulée il faut bien avouer que, en dehors de cela, je suis une catastrophe en bricolage, ayant manifestement deux mains gauches, aucun sens pratique et zéro talent artistique. Le plus navrant de l’histoire étant que je ne peux même pas dire un « mais, vous comprenez, c’est parce que je suis un intellectuel » auquel personne ne croirait et surtout pas moi. C’est peut-être pour ça que j’adore emballer.
Les courses aux cadeaux, c’est assez pénible si ce n’est ou parce que, je n’ai pas encore vraiment choisi, cela se termine invariablement en trop d’argent dépensé, pour moi, je ne suis pas si généreux que je ne sache me retenir quand il est question d’autrui, principalement en livre. Ma PAL a considérablement grandi, ce qui est ma foi fort réconfortant avec toutes les possibilités de lectures, les mondes qui se cachent dans ma bibliothèque et qui sont à explorer. (Les derniers achats ne furent excessivement joyeux, je dois dire, mais c’est totalement la faute à la lecture du journal ou aux réseaux sociaux qui m’ont beaucoup trop influencé.
Mais quand même, j’ai bien aimé Obsolète de Sophie Loubière, fiction d’anticipation qui explore un futur pas net suite à la catastrophe écologique ou les solutions adoptées sont dans le contrôle des individus, de leurs émotions, et surtout des femmes, ce qui devrait être sans surprise puisqu’elles sont généralement les premières victimes en cas de crise. (Il suffit de regarder l’actualité pour s’en convaincre : ce qu’on croyait acquis recule dangereusement un peu partout et c’est toujours une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Vos gueules les masculinistes et l’extrême droite, on n’en peut plus de votre opinion, alors, pas ici, merci !)
Petite joie parfumée qui m’a surpris alors qu’elle ne devrait plus : rentrer dans un appartement, le mien, qui sentait l’Heure Bleue portée la veille. C’était absolument merveilleux de confort, de beauté. Certes, je n’en suis pas encore au stade de Madame Swann dont on sent le parfum dès l’escalier, mais enfin, je m’en rapproche. Bon, si je n’en suis pas encore là, c’est peut-être parce que je change de parfum comme de chemise et, aussi, parce que je prends l’ascenseur plutôt que l’escalier.
(Commentaire d’un collègue au bureau : « je savais que tu étais là, l’ascenseur sentait ton parfum. Il sent le patchouli ! » Trouver qu’un parfum sent le patchouli est sa façon de dire qu’il aime de même que certains clients en parfumerie disent qu’un petite cologne, discrète, aux agrumes qu’ils n’aiment pas sent fort alors qu’un capiteux oriental qui envahi l’espace et déborde dans la rue est « léger. »)
Je me suis amusé le mois durant, comme un petit fou, à déplacer les personnages de la crèche : le petit jésus est né et les rois mages sont en approche jusqu’au jour où nous pourrons enfin manger de la galette et me remettre la couronne qui me revient de droit. Je suis prêt à manger beaucoup de galette pour l’avoir ! (C’est l’un de mes desserts préférés, il faut bien le dire, peut-être parce qu’on n’en mange pas toute l’année. Encore que je n’aie rien contre le fait de porter tiare et couronne toute l’année.)
Point sport : après un an d’une routine plus ou moins consistante mais construite un peu n’importe comment, j’ai profité des vacances pour me renseigner un peu, à l’ancienne, en lisant des trucs dans des livres, tout ça, et par me refaire une routine un peu cohérente et bien fichue, je peux bien le dire puisque je n’ai rien inventé. Moralité, je développe mon masochisme en me fatiguant et en ayant un peu mal. Dit comme ça, ça ne donne pas tellement l’impression de finir sur une note positive, mais si, si, si. Et vous vos notes positives ? C'était quoi?








Les notes positives de 2025, c’est d’avoir gagné de nouveaux amis extraordinaires avec qui on a voyagé déjà une fois et on réitère 2 fois en 2026, c’est d’avoir anticipé de beaux challenges pour 2026, de mettre remise à la natation et quel bonheur!! De m’écouter plus et moins les autres!! Bonne année Dominique remplie de paillettes parce qu’on le vaut bien!! Belette.
RépondreSupprimerAh, s'écouter, enfin, bravo parce que c'est toujours difficile ça, curieusement... Pourvu que les notes positives se multiplient en 2026!
SupprimerBonsoir,
RépondreSupprimerMes notes positives en 2025...La plume de Christian Bobin, la découverte d'un vernis qui donne aux ongles une couleur coquillage.
J'ai beaucoup aimé fureter sur votre blog...pour le mélange de jolies choses et pour les billets d'humeur :). Est-ce que vous nous partagerez des photos de vos emballages cadeau ? Ils sont certainement ravissants !
Miss Marple
Merci. À propos des emballages : la seule photo couleur décente que j’avais est celle que j’ai déjà publiée dans cet article.
SupprimerMoi, je n’ai toujours pas lu Christian Bobin alors qu’on m’en parle beaucoup, ça doit être une question de temps. Peut-être que ce sera pour 2026?
Et pour le vernis: on veut la référence!
Je suis comme vous, j'aime les jolis emballages cadeaux et le vôtre est très joli ! Les Japonais ont un talent fou dans ce domaine je trouve...(en plus du reste).
RépondreSupprimerLe vernis est un Monoprix réf 203.
Je vous souhaite de trouver autant du bonheur à découvrir Christian Bobin, si le rendez-vous se confirme en 2026 ;)
Signé Miss Marple
RépondreSupprimerJe vais citer Diana Vreeland: "Dieu à été très juste avec les japonais: il ne leur a donné ni or ni pétrole, il leur a donné le style." ça dit tout, je trouve...
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