madame rochas

 


On m’a reproché de ne jamais parler de la belle Madame rochas en compagnie de laquelle pourtant je me plais beaucoup. Elle n’a certes jamais été jeune. (Que la belle Hélène me pardonne.) Da poudre de rose a le brushing impeccablement laqué et un moelleux de bon ton dû aux après-midis à jouer au bridge avec les copines en buvant du thé.
Elle n’aime pas tant que ça le thé, ne comprend rien au bridge mais prise fort les petits fours et les potins servis en accompagnement. Pas méchante, elle trompe son ennui en investissant dans les colliers de perles et en lisant Françoise Sagan, un peu choquée et envieuse, mais sans bleus à l'âme.

C’est vraiment une fort jolie rose, poudrée d’aldéhydes, bien nette, mais, posée, pensive, elle ne déchaînera pas les passions. Il est presque choquant de voir à quel point la reine des fleurs, pourtant fort joliment traitée peut se révéler peu royale à force d’être polie.

Mais c’est aussi ce qui fait son charme réconfortant. Plutôt qu’un grand parfum, un parfum fort bien fait. Et s’il vous met dix ans dans la gueule, au moins c’est avec respect et affection qu’on parlera de vous, et pas en vous traitant de vieille peau de vache autoritaire… (Comme avec le Calèche signé du même Guy Robert.)

Madame Rochas, Guy Robert pour Rochas, 1960.


La version actuelle étant décevante, je me tourne volontiers vers Marions-Nous d’Oriza Legrand, certes un peu plus bouquet abstrait que rose, mais dans le même esprit aldéhydé soyeux, un peu plus jeune et un peu moins sage. (Mais qu’on n’irait pas qualifier de jeunes et moderne pour autant. Je l’aime vraiment beaucoup, je crois que cela le disqualifie d’emblée pour la jeunesse et la modernité…) 


Commentaires

  1. Oui c'est vrai, Madame Rochas était un peu le parfum de la Bettencourt, cette femme un peu bourgeoise par naissance et libre par mariage qui s'occupait comme elle pouvait entre éclairs au chocolat et virées chez le coiffeur. C'est un parfum de femme que l'on semble avoir connu quelque part mais dont on a du mal à se rappeler où. Enveloppant il liasse un joli sillage derrière lui. On aime.

    ~Fabien~

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    1. Oh oui, on aime! Peu importe qu'il ne soit pas mémorable et qu'il n'entre dans aucun panthéon, il laisse toujours un bon souvenir entre charme et réconfort avec des qualités un peu maternelles, mais sans jamais tomber dans la mièvrerie; il réussi à rester un parfum qui sans prétendre au grand chic, à la grande élégance, toujours de bon ton, poli et très aimable.

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  2. J'ai porté hier avec beaucoup de volupté "marions-nous" car je me rendais à la tour à Bruxelles. Ce parfum habille réellement avec joyeuseté et consistance. Et il sent tellement bon ! J'adore qu'il m'accompagne. Merci Do de l'avoir porté devant moi ainsi j'ai pu te le piquer! Bises Muriel

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    1. Il est adorable et joyeux, oui. Bien présent, au point qu'on pourrait se passer d'en remettre, un peu lisse mais avec tant de charme qu'on lui pardonne tout!

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