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Pour le perfumista, s’il est un livre qui compte, c’est probablement Le parfum d’Edmond Roudnitska dans la collection que sais-je. D’autres ont écrit sur le sujet, mais il reste instructif et surtout pertinent. La réflexion vole un peu plus haut que les classifications et un peu d’histoire pour s’interroger sur l’œuvre d’art, les caractère esthétique du parfum, le rôle de l’industrie… Bien sûr, nous ne sommes pas obligés d’être d’accord avec chaque proposition d’Edmond. (Vous devriez, mais je ne vous oblige pas.) 

La première édition date de 1980 et Edmond Roudnitska voyait déjà les chausse-trappes dans lesquels la parfumerie risquait de tomber, ce qu’elle n’a pas manquer de faire, l’industrie se vautrant avec délices dans la facilité qui rapporte. Certes, Edmond peut faire assez vieux con et donner dans le « c’était mieux avant » mais le truc, c’est que, oui, vraiment, c’était mieux avant ! Et j’aime particulièrement sa conclusion :

« Redonnons la parole au talent, les responsables redécouvriront alors la réalité et la pérennité des vraies valeurs. Celle qui assurent le renouvellement des formes mais sans déchoir ni rétrograder. »

Certes, c’est fort optimiste, mais on a tellement envie d’y croire. Bref, le livre reste quarante ans après sa première édition un must-have, celui qu’il vous faut dans votre bibliothèque, même s’il est assez difficile à trouver de nos jour. (Il est remplacé par celui de Jean-Claude Ellena, bien moins intéressant. Son journal d’un parfumeur sorti à la même époque était bien plus intéressant et instructif.) 

Le parfum, Edmond Roudnitska, que sais-je ? P.U.F., 1994.

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